La ruée vers les Cowboys fringants
Philippe Renaud
collaboration spéciale, La Presse;
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Photo Martin Deschamps, La Presse
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Les Cowboys fringants | distribution
Dominique Lebeau et Karl Tremblay, Jean-François Pauzé, Marie-Annick Lépine et Jérôme Dupras . |
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«Si ce n'était de nos fans, on n'en serait pas là!» assurent les cinq membres des Cowboys fringants, dont le nouvel album, Break syndical, a été lancé cette semaine.
On n'a qu'à assister à l'un de leurs concerts pour mesurer le succès dont jouissent ces jeunes musiciens et leur impact sur leur tout aussi jeune public. «On est un groupe de bouche-à-oreille», renchérit Jérôme Dupras, bassiste. Les Cowboys fringants ont fait leur renommée avec leurs spectacles, toujours très courus. Et si leur noyau de fans est solide comme le roc, Break syndical possède certes les atouts pour en conquérir d'autres.
«On a travaillé six mois sur cet album, indique Marie-Annick Lépine, violoniste et mandoliniste. On a enregistré 24 chansons pour n'en retenir que 14. Nous voulions que l'album ait plus de maturité que Motel Capri (le précédent).» Aidés par l'équipe de La Tribu, leur nouveau label, les Cowboys fringants ont trimé dur pour se donner une image plus juste de leur personnalité musicale. On pourrait s'attarder sur les efforts consacrés aux arrangements, plus fins et plus riches, ou sur l'amélioration des qualités de chanteur de Karl Tremblay. Mais plus important encore est le souci de marier l'aspect déglingué de la musique du groupe aux chansons engagées, sérieuses et parfois critiques envers la société québécoise, lorsqu'elles sont moins personnelles (comme peuvent l'être les graves Mon chum Rémi ou Ruelle Laurier).
«C'était important de conserver le ratio chansons sérieuses/chansons drôles de notre répertoire, confirme Jean-François Pauzé, principal auteur-compositeur du groupe. Avec Break syndical, on voulait aller plus loin côté écriture. On sait que nos fans attendent de nous des chansons engagées.» C'est peut-être, justement, en cultivant la critique sociale que les Cowboys fringants parviendront à séduire un public plus large que celui de «fin de secondaire et du cégep» qui se rue aux concerts. En berne, qui ouvre l'album en critiquant «l'absence de projet social pour la société québécoise», marque en cela le désir de trancher avec des classiques du groupe comme Marcel Galarneau et d'imposer leur dimension engagée, souvent négligée par les médias.
«Y'a ben du monde qui nous prennent encore pour des caves à cause de notre nom niaiseux et des chansons comme Marcel Galarneau, croit Marie-Annick. Ils pensent qu'on n'a rien à dire. On n'est pas tellement pris au sérieux.» «On est à la fois underground et mainstream», ajoute Dominique Lebeau, batteur. «Mais auprès des diffuseurs, notre réputation est faite», assure Lépine. Si les médias lèvent encore souvent le nez sur les chansons des Cowboys, les diffuseurs, eux, savent que le groupe remplit une salle comme pas un. Aucune difficulté à donner des concerts: «En région, dit Pauzé, même si nos chansons ne tournent pas - car c'est Radio-Énergie qui est écoutée et parce qu'on n'a jamais tourné à CKMF -, nos salles sont presque toujours remplies. Y'a même des fans qui organisent des voyages pour nous voir sur scène.» Et non, ils ne viennent pas tous de Repentigny, ville d'origine du groupe!
D'ailleurs, confie la violoniste, c'est grâce à leurs fans si les Cowboys fringants sont aujourd'hui associés à La Tribu: «Nous avions donné un spectacle au Cabaret (salle pilotée par le label) et Claude (Larivée, directeur) a été surpris par la qualité de notre public. Un public vaste, énergique, qui voulait avoir du plaisir sans faire d'ennuis! Il nous a observés, puis nous a fait signer.» Un gros merci aux fans!
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