Les joies du parrainage
MARTINE ST. CLAIR
Stéphane Martel
Même si sa carrière solo est en veilleuse, Martine St. Clair ne ralentit pas la cadence. Souhaitant mettre à profit son expérience dans la jungle du showbiz québécois, elle prend sous son aile un jeune artiste américain bourré de talent.
Lorsqu'on mentionne le nom de Ryan Wotherspoon, les yeux de Martine St. Clair pétillent et deviennent ronds comme des billes. Après avoir enregistré What Kind of Love en duo avec lÕartiste de 29 ans, l'ancienne muse de Luc Plamondon a décidé de passer du micro à la console et de réaliser le premier album de son jeune protégé.
«Je voulais qu'on entende sa voix avec d'autres textures musicales. J'ai découvert des influences jazz et de crooner à la Frank Sinatra et j'ai voulu capter l'énergie du moment. Celle de tous les musiciens réunis dans une même pièce. Un peu comme à l'époque des grands albums de Jean-Pierre Ferland, raconte la chanteuse, animée.
Impressionné par les premières ébauches musicales du duo, Al Kasha, légendaire auteur de comédies musicales, lui a demandé dÕinterpréter la chanson principale de sa prochaine production, Samson and Dalila, présenée à Broadway dans quelques semaines. «Un beau cadeau», avoue Martine .
PARTAGER SES EXPÉRIENCES
Loin de délaisser l'aspect créatif du métier, la chanteuse souhaite cependant privilégier le travail d'équipe et les échanges équitables.
«Lorsqu'on est en processus de création, on ramasse toutes les idées, on les étale sur la table et on en conserve le meilleur. Ce que j'ai compris en m'impliquant dans ce projet, c'est que j'avais grandi en tant qu'artiste, mais aussi en tant qu'humain. J'ai compris pourquoi j'avais connu une aussi longue carrière.
Plus j'avance dans la vie, plus j'ai envie d'élargir mes horizons, de travailler avec d'autres artistes, de partager mes expériences dans ce milieu et d'échanger des compétencesÈ, raconte-t-elle, la voix vibrante.
L'AMOUR, TOUJOURS L'AMOUR
Alors que son dernier album solo (Tout ce que j'ai, paru en 2004) était pratiquement autobiographique, son prochain opus promet d'être plus engagé socialement. Toutefois, impossible de ne pas effleurer son sujet de prédilection: l'amour.
«Parfois, on trouve que je ne parle que d'amour dans mes chansons, mais ça ne me dérange pas. Je ne fais que me nourrir de la vie: de la mienne et de celle des gens autour de moi. J'aime chanter l'amour et je veux continuer à le faire jusqu'à la fin de ma vie. Ça me fait du bien d'aborder ce sujet sous toutes ses coutures. C'est un baume pour le coeur et l'âme.»
UN RETOUR EN SOLO
Après le lancement de l'album de Ryan Wotherspoon (prévu pour avril) et une participation au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens le mois prochain, Martine souhaite se concentrer sur l'élaboration d'une compilation célébrant ses 25 années (et quelques poussières) de carrière. Renfermant quelques morceaux inédits, le disque atteindra les bacs des disquaires l'automne prochain et marquera son retour en solo.
«Dans le merveilleux monde du showbusiness, lorsqu'on s'absente pendant quelques années, le public commence à se poser des questions et c'est normal. Je pense qu'on a tous une route à suivre.
Moi, j'ai simplement décidé de laisser aller les choses et de ne pas courir après le succès tout en restant passionnée par ce que je fais.» Authentique, cette Martine St. Clair.
|